Attention : déboulonnage d'un prétendu « livre culte ».
« Zagor, c'est moi. »
Ian Livingstone (apocryphe)
Le Sorcier de la Montagne de Feu est le premier des LDVH parus, enfin, l'un des premiers, en tout cas : comme l'a montré Paragraphe 14 dans son excellent
Essai pour une histoire du livre-jeu, Steve Jackson et Ian Livingstone ont été précédé par plusieurs auteurs, dont le Français
Raymond Queneau qui écrivait son
Un conte à votre façon dès 1967, quinze ans avant les deux perfides-Albionneurs ne publient leur livre.
Néanmoins, on ne peut nier que le
Sorcier, en dépit de son titre à rallonge, est celui qui a véritablement lancé l'engouement pour la littérature interactive dans les années 1980. Il est
ainsi le premier contact de nombre de lecteurs avec ce concept étrange quoique fascinant qu'est le livre-jeu. À ce titre, on a donc souvent (et à raison) tendance à le considérer avec indulgence,
en disant que pour un début, c'est pas si mal que ça, qu'on ne peut pas être parfait du premier coup, et ainsi de suite.
En ce qui me concerne, j'ai découvert le
Sorcier très tardivement, après avoir lu bon nombre de
Défis Fantastiques plus tardifs et un bon échantillon de livres d'autres séries, en
particulier
Loup Solitaire,
Loup* Ardent,
Quête du Graal. J'aurais pu lire ce livre plus tôt, mais allez savoir pourquoi, à chaque fois que j'avais l'occasion de
l'acquérir, je préférais jeter mon dévolu sur un autre livre, craignant d'être quelque peu déçu par ce vénérable ancêtre. Mais le côté collectionneur a fini par me rattraper, et je l'ai finalement
acheté. Et lu.
Conclusion : je n'aime pas
Le Sorcier de la Montagne de Feu. Le scénario est inexistant, le style est plat, et je n'ai jamais aimé ni les aventures souterraines, ni ce système de
porte-monstre-trésor répétitif. Le fait qu'il soit le premier ne change rien à l'affaire, je m'ennuie comme un rat mort en lisant ce bouquin (comme dirait l'inventeur de la dératisation par
l'emploi de laxatifs, hein, monsieur Desproges ?), et j'ai dû me faire violence pour le finir. Je l'ai rangé et n'y ai pas retouché depuis, sinon pour scanner sa couverture afin d'illustrer ce
petit billet (ce pourquoi ladite couverture a un tel air de neuf comparée à celle, mettons, de
ce livre lu et relu tellement il est
excellent) et il est peu probable que je le rouvre jamais, à part peut-être pour jeter un œil aux sympathiques illustrations de Russ Nicholson. Et encore.
Au final, ne vaut que pour son côté « vénérable ancêtre du genre ». Il faut une sacrée dose de nostalgie pour pouvoir l'apprécier, semble-t-il, chose que je n'ai pas. Je n'utiliserais même pas ce
livre pour faire découvrir la littérature interactive à quelqu'un, tant il semble en posséder les tares qui font qu'on la classe (à tort, selon moi) dans les livres pour enfants ou adolescents
déculturés.