Spoilers, comme d'hab.
Ce livre est le quatrième et dernier écrit par Robin Waterfield. Après une
Planète rebelle très entraînant et des
Sceaux de la Destruction très décevants (je n'ai pas eu
l'occasion de lire
Les Spectres de l'Angoisse), j'étais curieux de voir ce qu'allait donner
Le Voleur de vie. Et ma foi, le résultat n'est guère fameux.
L'introduction a le mérite de l'originalité : en vacances dans les Îles du Levant, on apprend par pigeon voyageur que le roi Jonthane d'Arion a demandé à tous les aventuriers disponibles de venir
le voir pour une mission. Vous accourrez aussitôt... pour apprendre que la mission, qui consiste à sauver la ravissante princesse Télessa de ses ravisseurs, a déjà été confiée à votre pire rival,
Fang-Zen. Le tout est agrémenté de références sympathiques à l'univers de Titan (les dieux Sukh et Hydana, la ville de Chalannabrad, etc.).
Vous commencez donc l'aventure par une petite déprime dans les tavernes d'Arion (ne vous fiez pas à la quatrième de couverture, si vous filez directement à la poursuite de Fang-Zen, c'est perdu).
Assez rapidement, vous pourrez récupérer la lettre de créance du roi Jonthane et partir accomplir ce qui est devenu votre mission. Notez cependant qu'il vous faudra rester aussi longtemps que
possible à Arion : en effet, le marché de la ville vous propose des articles très utiles, mais il n'est accessible qu'après deux jours dans la ville ! Plus grave encore : des objets indispensables
pour la fin de l'aventure se trouvent également en ville, mais il n'est pas des plus simples à trouver.
S'ensuit une longue exploration des Hauts de la Mort (d'où
Deathmoor, le titre d'original), qui sont hélas d'un ennui mortel. Tout comme dans
Les Sceaux de la Destruction, on est
ici balloté d'une situation à une autre, avec bon nombre de combats qui peuvent rapidement tuer un aventurier trop faible. Décrivez le tout avec une indigence mesquine et saupoudrez avec quelques
morts subites totalement injustifiées (nord, est ou sud ? Est ? Ah ben t'es mort.) et vous obtenez une section chiante à mourir et d'une difficulté insupportable. Qui plus est, il vous faudra
absolument y trouver trois objets pour ouvrir la porte du repaire d'Arachnos, le grand méchant, alias le fameux Voleur de vie du titre, qui peut facilement concourir pour le titre de boss final le
moins crédible de tous les DF (et la concurrence est pourtant sévère) : à peine décrit, ses motivations sont difficilement compréhensible et à la limite de l'absurde.
Ledit repaire a cela d'original qu'il est bâti en trois dimensions : en effet, la première partie de son exploration se fait dans une colonne d'air enchantée d'où partent plusieurs couloirs. On
finit par atteindre le niveau du sol, pour passer à un donjon plus classique, quoique relativement court. Avant d'affronter Arachnos, il faudra cependant se farcir ses trois lieutenants, des
Demi-Géants dont l'un, en mourant, vous énoncera une équation (l'
équation de Diophante, pour les curieux) dont la solution est
indispensable pour parvenir à vaincre Arachnos et sauver Télessa. Le duel final consiste à planter une flèche dans la gorge de votre adversaire (ce qui nécessitera évidemment un objet particulier,
sans quoi c'est fichu), et le paragraphe final fait cinq lignes. Du pur foutage de gueule.
En bref, ce livre est une espèce de clone des
Sceaux de la Destruction : le scénario présente de bonnes idées, mais le tout est gâché par un style minimaliste, des combats à profusion, des
morts totalement injustifiées, une linéarité insupportable et du
one-true-path digne de Livingstone (Gauche ou droite ? Droite ? Ah ben t'es mort). C'est tout de même le
cinquante-quatrième
Défis Fantastiques paru ! On serait en droit d'espérer mieux à ce stade de développement de la série, à plus forte raison de la part d'un auteur ayant déjà trois livres
derrière lui. À éviter.